Notes sur le terrorisme, avant-garde et patrimoine

Abstract

Télécharger Télécharger l’article
Paru dans : Proteus n°11
Couverture

À travers l'analyse d'exemples précis, ce texte interroge les relations troubles entre terrorisme (destruction des Bouddhas de Bamyan) et avant-gardisme radical (Tinguely, Stockhausen, Debord) ; ce qu'il y a de commun entre ces deux postures, c'est la même volonté de nier l'œuvre (par le vandalisme pour le premier) voire la notion même d'art (par l'effet d'une philosophie et d'une pratique suicidaires pour le second). Ces rencontres douteuses ouvrent à une mise en question de cette complaisance pour le nihilisme propre à la modernité artistique et à son idéologie. À cette négativité, il serait temps d'opposer des formes de pensée différentes, qui prennent en compte d'autres relations à l'art, par exemple celle qui sous-tend la notion de patrimoine de l'humanité. Hannah Arendt, défendant naguère une vision ultrahumaniste de l'œuvre, peut peut-être servir de fondement à ces nouvelles perspectives.

Mots-clés : art contemporain — humanisme — iconoclasme — religion — négativité

 

Through precise examples, this text questions the shady connections between terrorism (destruction of Bamiyan Buddhas) and radical avant-gardism (Tinguely, Stockhausen, Debord). This two stances share similar will to deny artwork (through vandalism for the first one), even the notion of art (by suicidal philosophy and undertaking for the second one). These dubious encounters allow questions on the complacency for nihilism fitted to artistic modernity and its ideology. It is time to oppose to this negativity other ways of thinking, for instance the one that underlies the notion of heritage of humanity. The ultrahumanist approach of work by Hannah Arendt may be the foundation of these new perspectives.

Keywords : contemporary art — humanism — iconoclasm — religion — negativity

Miguel EGAÑA
Directeur de publication : Bruno Trentini | Parution 2 fois par an | ISSN 2110-557X | © PROTEUS, 2017 | F